Le dilemme du nom de plume.
Fallait-il que j’écrive en gardant mon nom de famille ou bien devais-je choisir un nom de plume.
Mon nom de famille pouvant être considéré comme porteur, facile à retenir, sujet à sourire aussi ; mon père aimait à sortir le même jeu de mots à l’encontre de son patronyme. J’avais dans un premier temps décidé de le conserver.
Tout en rédigeant les balbutiements de ce qui deviendra peut-être un roman, d’autres arguments sont apparus petit à petit. L’univers que je projetais ne me correspondait pas vraiment, enfin, si. Il concorde à mon imaginaire, cet imaginaire fait partie intégrante de ma personnalité, mais je le gardais, jusque-là, pour moi. Je ne trouvais pas opportun de le partager dans ma vie de tous les jours.
Il ne coïncide pas nécessairement à l’image que je véhicule, à ce que mes amis et mes proches peuvent ressentir. Le, les mondes qui s’élaborent dans ma petite tête ne s’expliquent pas aisément, ne se popularisent pas forcément dans celui de mes connaissances et pourraient être mal interprétés.
D’autre part, lorsque j’ai entamé la rédaction, j’ai vu le texte prendre forme, l’histoire croître en consistance, et je me suis attaché à mes personnages. Et, comme n’importe quel écrivain en herbe, je suppose, je me suis pris à rêver.
C’est à ce moment que j’ai décidé d’adopter un nom de plume. Je voulais respecter un grand principe qui a accompagné ma vie professionnelle : ne jamais mélanger travail et privé.
Harold Cath allait représenter mon imaginaire, mes délires de futur « jeune auteur âgé ». Harold serait mon représentant commercial. Il s’occuperait de vendre les produits issus de cet imaginaire que mes proches et mes amis ignorent. Accessoirement, il serait le responsable de mes erreurs de jugement, de mes maladresses d’écriture. Il serait le coupable des déceptions aussi, car elles se présenteront un jour ou l’autre.
Pourquoi cette signature ? Harold Cath.
Ceux qui constituent mes proches savent combien j’aime les chats. Je vis entouré de trois Maine coons, ces grands félins imposants, mais tellement emplis de douceur. Le plus proche, MON chat, celui qui me colle H24 aux basques, s’appelle Harold. Le prénom se trouvait donc simple à trouver et à choisir.
En second lieu, j’ai pensé à la traduction du terme « chat » dans les langues étrangères. Je me suis arrêté sur « cath » parce que le mot demeurait court, facile à mémoriser, et qu’il est gallois. Le pays de Galles, riche en traditions, en légendes et en imaginaire, n’a pas besoin que j’aille chercher plus loin.
Quelques mois plus tard, l’écriture se poursuit, même si une petite baisse de régime, d’envie, une pénurie de trames originales m’ont forcé à faire l’impasse sur l’enchaînement du roman. Jusqu’au moment du retour de ma première bêta-lectrice à propos du premier jet. Un souffle nouveau, issu de ses remarques constructives certainement, mais surtout de son engouement pour le récit et la volonté d’en connaître la suite.
J’en viendrai donc plus loin à l’importance des avis des premiers lecteurs dans le processus créatif, l’objet d’un prochain billet.
Harold Cath.

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