Au commencement était l’envie.
Se lancer dans l’écriture est une vaste aventure. Je pourrais la comparer à un périple extraordinaire. Une odyssée que tu rêves d’accomplir, dans la mesure où que tu vois les autres y aller et que tu les sens grandis, heureux ou, tout simplement, parce que le récit de leurs pérégrinations t’a fasciné. Alors, en parcourant leurs textes, une réflexion s’impose à toi : comme pour un voyage improbable, incroyable, inimaginable que tu découvres au cours d’un documentaire, un beau jour, tu te dis : « Et pourquoi pas moi ? ».
C’est à ce moment que se posent les premières interrogations et qu’apparaissent les premiers doutes.
Oserai-je sauter le pas, m’installer devant mon clavier et rédiger ?
En suis-je apte ?
Puis-je prétendre, à l’instar des auteurs que je lis, créer de toutes pièces un récit ?
Sur quelle base ?
À quel propos ?
N’est-ce pas prétentieux ?
Une fois que tu as terminé ton voyage intérieur en te sondant sur tes capacités d’écriture et que tu as mis de côté ces pensées qui te soufflent : « Que vont dire les gens ? », « Ils vont me prendre pour un fanfaron présomptueux ! », « Pour qui se prend-il celui-là ? », tu peux enfin t’asseoir devant ton écran.
Vient la seconde salve de questions.
De quoi vais-je parler ?
Actuel, historique, anticipatif ?
Par quoi débuter ?
Qu’est-ce qui t’interpelle en ce moment que tu aimerais partager ?
Le point de départ.

Ce dernier sujet devient le point de départ de « L’Emballement », le roman que je suis occupé à rédiger. Je ne possédais pas de concepts prédéfinis, de fil conducteur, pas de récit ou de personnages en tête. Juste la réponse à cette question : vers quel destin nous dirigeons-nous ? Ces foutus changements climatiques qui nous affectent chaque jour, que promettent-ils comme avenir à nos petits-enfants, et à leurs descendants ?
C’est ainsi que les idées ont fini par prendre forme et j’ai entamé la composition du premier chapitre. Je devais commencer par quelque chose, un endroit, et j’ai opté pour un lieu que je connaissais, mais qui était éloigné de mon environnement : mon premier personnage déambule donc sur ce qui s’appelle encore, actuellement, la place Bellecour, à Lyon.
Je me suis rapidement rendu à l’évidence, je ne pouvais pas rédiger sans faire des recherches et surtout établir un schéma à la narration afin que je sache dans quelle aventure je voulais emporter mon lecteur. Après avoir choisi Bibisco (*) pour la construction technique du roman, après avoir élaboré des plans, un axe du temps, j’ai découvert le Fabula Deck (*) qui m’a permis de visualiser mon histoire et de la faire évoluer chronologiquement. (* Voir Mes outils de travail)
La matière du récit s’étoffait, les rôles des intervenants prenaient corps, devenaient à chaque ligne plus vivants, plus proches de moi.
Nouveau questionnement : « Ma ligne de conduite est-elle correcte ? ».
Le besoin de savoir.
La narration me captive, les personnages correspondent à l’idée que je m’imagine. Je leur ai tous donné un visage au moyen d’une IA en les décrivant jusqu’à arriver à l’image de chacun dans mon esprit. Pour que tout cela me plaise… À moi seul. Évidemment, on écrit tout d’abord pour soi, nous sommes par la force des choses notre premier auditoire. Nous ne sommes nullement objectifs.
J’ai donc commencé à parler de mon projet autour de moi, les plus enthousiastes désiraient le lire et je leur ai laissé un exemplaire de la première partie déjà rédigée afin d’avoir un avis. Je ne reçus pas le retour escompté (voir « L’importance de la bêta-lecture »).
Les avis ne me parvenaient pas, les incertitudes ont grandi jusqu’à me mener là la page blanche.
Le fameux syndrome de cette page qui refuse obstinément de se couvrir de mots. Plus moyen de trouver une suite à ce qui existait. Plus tu essayes, moins ça vient. Arrivent ainsi la perte de motivation, les doutes profonds, ceux qui t’emportent vers les pensées les plus noires. Tout arrêter.
Heureusement, des déclics se présentent, comme l’explique l’article sur la bêta-lecture.
La rédaction a donc repris, moins impétueuse qu’au début, plus raisonnée, forçant à des relectures, déjà, à des modifications des premiers chapitres, surtout. Mon enthousiasme pour la langue, qui me poussait à composer rapidement pour capturer les concepts qui jaillissaient dans mon esprit en effervescence, m’oblige maintenant, lors de ces relectures, à réfléchir à nouveau à mes écrits originaux. Un premier twist vient de se dérouler, apportant une intrigue supplémentaire et la fin du premier jet se dessine à l’horizon avec un second rebondissement qui devrait secouer les lecteurs.
Et après !
Le plaisir de coucher les idées sur le papier va à présent faire place aux relectures, sans doute fastidieuses, mais absolument nécessaires. J’ai la chance d’écrire relativement sans fautes, mais je suis impressionné de constater la quantité énorme de coquilles, d’erreurs de style, de répétitions inappropriées qui apparaissent durant le parcours approfondi du texte. Ensuite, ce sera au tour des relecteurs et relectrices. Et si mon budget me le permet, peut-être, une correctrice ou un correcteur professionnels.
Ensuite, j’envisagerai de savoir vers quoi emmener mon bébé. Maison d’édition, autoédition, fausses promesses et éditions à compte d’auteur d’un côté, écueils et investissements chronophages de l’autre. Obligations légales, fiscales, statut à déclarer alors que je serai retraité. Format de sortie papier, e-book, promotion… J’ai l’impression que le chemin devant moi s’avère bien plus long et complexe que celui parcouru jusque là. Les doutes post-rédaction semblent plus insurmontables que d’oser sauter le cap et se lancer dans ce projet fou.
Vous avez aussi votre mot à dire.
Voilà où je me situe actuellement. Je subis déjà ce questionnement d’après écriture, alors que le roman n’est pas encore achevé. Quand bien même je rédige ce billet dans le même esprit informatif que les précédents, il me paraît devenir une bouteille à la mer. Un appel à l’aide que j’envoie vers les personnes qui sont passées par là et qui pourraient m’assister grâce à leurs expériences, bonnes ou mauvaises. Je suis ouvert à vous entendre, à comprendre et à accepter mes erreurs aussi. Ce blog se veut un espace animé, qui n’attend que devenir utile à celles et ceux qui souhaitent s’engager sur le chemin fascinant de l’écriture.